La mise en scène est en ce sens extrêmement simple. Le principe qui la gouverne est celui du groupe : inclusion et exclusion, qui s’oppose et qui est ensemble, à quelle condition une personne peut co-exister avec une autre dans le même plan (qu’est-ce que signifie partager un plan, quelles en sont aussi les conséquences (dans mon rapport avec les autres (avec les autres plans aussi))). Comment L. Talon et HPG, bien qu’en duo, sont filmés séparément comme deux notes désaccordées, et que ce n’est que quand c’est fini (après la rupture) qu’un plan à deux est alors possible.
La scène clé dans cette grammaire là est la scène du concert, où sont filmés enfin de multiples agrégats disparates (1+1+1, puis 2+1+1, puis 2+3…) qui peu à peu soutiennent l’idée d’une communauté, qui plus est d’une communauté ouverte (s’invitent également des non super-héros). D'ailleurs après cette scène plus rien ne sera comme avant.
(chez JS à propos de la jeune fille de l’eau : « c’est un film de chambre qui est en même temps une cosmogonie »)
(chez JS encore, à creuser, un chcch = création d’un 3ème terme, 1+1=1=la rencontre qui produit plus qu’un plan les réunissant tous les 2, d’où être deux dans un même plan, l’illusion d’une richesse et l’appauvrissement de chacun des termes, chcch=multiplication de la « puissance » de chacun, hum...)
Sur la scène de fête : bien comprendre sont rôle de déclencheur (la rupture entre Talon et HPG n’était qu’un signe précurseur, presque un flashforward fantasmatique) qui fait prendre conscience à Ranita que tout est déjà fini, que tout est condamné à mourir (première fois, hormis la scène avec Sabri, qu’on épouse vraiment le point du vue de Ranita et lui seul (note pour plus tard : dans la discussion avec Sabri, c’est comme si Panisse était là finalement, puisqu’on ne fait que parler de lui et que suit le débrief que feront Sabri et Panisse de cette discussion)).
Le monde s’introduit soudain dans leur couple, qui pour la 1ère fois les sépare dans les plans, le monde (=les autres) s’introduit d’abord à l’intérieur de leurs plans pour ensuite les séparer dans des plans distincts ; ils ne seront alors plus jamais réunis dans le même plan dans cette scène, même s’ils partagent une même discussion.
De cette séparation Panisse ne semble pas avoir conscience, sans doute trop grisé par cette liberté retrouvée, ce réapprentissage de la rencontre. Ranita, si elle s’amuse aussi, n’est elle pas dupe, et observant de loin la joie de Panisse, ressent une grande mélancolie.
Alors la scène du concert peut arriver et prendre acte des effets (mieux : cueillir les fruits) de cette séparation : la possibilité d’un « vivre ensemble » (cf la scène de concert).
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