lundi 12 mai 2008

blissfully yours

La dernière séquence dans l’appartement (qui suit le concert) est alors presque une sorte d’épilogue : tout est déjà fini et ils le savent (le spectateur aussi). Non : tout est déjà fini mais c’est comme s’ils l’avaient oublié (ou voulaient à tout prix ne pas y penser). La séquence du récit des rêves va faire resurgir soudainement la dure vérité de la fin de leur relation (comme des fantômes en apnée (la fin des filles de feu)) et provoquer un grand malaise (je pense aussi à Solaris, la femme qui prend conscience qu’elle n’est qu’une image (et silencio aussi suis-je bête)).

(l’irrémédiable d’abord, de façon diffuse, puis le choc du définitif, le choc de la mort (puis la naissance, et l’élan, merde on dirait honoré))


Plusieurs choses sur cette séquence:

la scène de la corde, à venir, évidemment inspirée de la fin de blissfully, trouver un écart suffisant pour éviter de faire du lheureux,

les larmes de Ranita sur le récit du rêve de Panisse (c'est une question, penser à la jurisprudence Seyvecou sur le Bonello), (d’ailleurs filme-t-on Ranita à ce moment là ? n’est-il pas mieux de ne filmer que Panisse (et donc filmer l’absence de Ranita), pour raccorder après le morceau de Christophe et la chambre désespérément vide sur le visage de Ranita et des larmes déjà séchées ? , ça serait logique non, passer après l'action et passer même après les larmes?),

qui filmer pendant le récit du rêve de Ranita ? (que Ranita je pense (son dernier plan), surtout c’est l’invocation enfin effective, en fait son truc c’est le monologue sacrificiel, je parle pour la dernière fois, au revoir, je te rends ta liberté)

le rêve final de Ranita qui prend forme sous nos yeux je pense aux deux rêves des amants réguliers, sans doute à cause de l’absence de son (le 2ème rêve du film de garrel est muet je crois), et aussi parce que c’est cheap comme le 1er (enfin toute la représentation de mai 68 est cheap), relire aussi la mort du Phoenix dans X-men (ah oui je viens d'y repenser: voir des films de Kenneth Anger pour ça (à la fois la magie de l'invocation et la joie des 1ères images) (invoquer les 1ères images)),

les deux derniers plans du film, je te les lache, un gros plan de Panisse qui répond au téléphone (la sonnerie a interrompu le rêve), on ne comprend pas bien, mais la fiction reprend (sans doute l’intrigue de l’enlèvement de Thomass), il raccroche, cut, le plan s’élargit, Panisse accroupi seul sur le lit, Ranita a disparu, trois secondes, fin.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"n’est-il pas mieux de ne filmer que Panisse (et donc filmer l’absence de Ranita), pour raccorder après le morceau de Christophe et la chambre désespérément vide sur le visage de Ranita et des larmes déjà séchées ? , ça serait logique non, passer après l'action et passer même après les larmes?)"

C'est exactement la fin de Lady Chatterley, et je trouve que ça passe TRES bien